L’Univers de la Cosmologie : de la relativité d’Einstein à une vision du monde – synthèse

Hervé BARREAU, 22 octobre 2010

 

Merci, Monsieur Barreau, pour votre propos très instructif et tout à fait suggestif à la fois.

Vous commencez par l’aboutissement cosmologique de la théorie de la relativité chez Einstein lui-même, dont la relativité restreinte nie l’existence du temps et de l’espace absolus selon Newton, ce qui étend le domaine de la gravitation et débouche sur la courbure de l’espace-temps (en référence aux géométries non-euclidiennes de Gauss et de Riemann). Cela généralise la théorie de la relativité, qui opère une véritable plongée dans la réalité physique et aboutit ainsi à une nouvelle cosmologie. Celle-ci, de façon géniale insistez-vous, découple l’espace et le temps en considérant le premier comme fermé et le second comme infini.

Puis, dans un second temps, vous en venez aux Considérations cosmologiques (1916) de Einstein, qui finit par abandonner, sous la pression de Friedmann et de la réalité elle-même, la constante cosmologique, tout en conservant l’homogénéité de l’univers. Il fait ensuite siennes la loi de Hubble sur l’éloignement respectif des galaxies et la notion d’atome primitif de Lemaître, ainsi que l’idée que l’univers est en expansion, ce qui débouche sur une prévision vérifiée à propos du rayonnement fossile du Big-Bang initial et confirme que l’univers est fermé mais en expansion, et qu’il se refroidit progressivement, cette représentation standard de la cosmologie contemporaine étant acquise en 1965.

Vous en arrivez, en un troisième temps, aux problèmes gnoséologiques et métaphysiques d’une telle révolution cosmologique, qui ébranle notamment l’antinomie kantienne au sujet du temps, puisqu’elle établit un premier commencement, qui est celui du Big-Bang qui précède et engendre tout à la fois l’espace et le temps. Mais la retombée la plus remarquable de cette révolution cosmologique est que l’univers semble être fait « comme si » la place de l’homme y était prédestinée, ce qui, selon vous, nécessite la position ontologique d’un Dieu créateur. Cela outrepasse la thèse kantienne (qui s’en tient, à ce sujet, à un simple postulat pratique, ou éthique), mais se démarque aussi de Spinoza et Einstein (qui s’en tiennent, eux, à un principe d’explication immanent), tout comme de la pseudo-explication par les alliances aléatoires du hasard et de la nécessité, des plus improbables, concluez-vous.

Joël GAUBERT